jeanlucboloauteur Jean-Luc Bolo

Valérie, jeune fleur d’ébène, file le parfait amour. Elle a trouvé la perle rare en la personne de Jérémie, un bel étalon noir. Il est doux et attentionné et surtout a su patienter sans rechigner, avant de partager avec elle leur premier instant d’intimité. L’amour est patient dit-on…Leur relation est une douce mélodie sans fausses notes, brillamment orchestré par le destin. Mais tout va être chamboulé par l’arrivée fortuite d’une jeune et belle femme. La fidélité de Jérémie risque d’être mise à rude épreuve...


Histoire courte Tout public.

#musique #black-love #nouvelle #original #chanson #romance
Histoire courte
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L'amour est naissance

Sur la plage de Deauville, dans la matinée, deux points minuscules esseulés se mouvaient au loin sur le sable. Progressivement ils devenaient des formes, puis des silhouettes. Ce fut un jeune couple noir se tenant par la main. La jeune femme se nommait Valérie et le jeune homme Jérémie. Ils ont tous deux la vingtaine. Entre minauderies et regards enamourés la complicité se lisait dans leurs yeux. Originaires de la région parisienne, ils étaient partis en weekend pour une escapade en amoureux.

−Alors, on n'est pas bien là tous les deux ? Demanda Jérémie. Toi et moi, seuls sur la plage.

−Bien sûr que si bébé...Y'a rien de telle qu'une balade matinale en amoureux, sur une plage encore déserte. C'est si romantique ! Rétorqua Valérie.

−Le temps semble même n'avoir plus de repères, lorsque nous foulons le sable.

−Oh, comme c'est joliment dit...Tu deviens poète ?

−Quand je suis en présence de ma muse, oui.

Jérémie lui fit un clin d'œil ; et Valérie lui lança un regard enamouré.

−Manquerait plus que tu me sérénades avec une mandoline, et ça serait la totale, fit cette dernière.

A ces mots Jérémie improvisa une chanson de circonstance : La célèbre chanson de Rock Voisine intitulée « Hélène ».

(Il chante) « Seul sur le sable, les yeux dans l'eau...Mon rêve était trop beau...L'été qui s'achève tu partiras...A cent mille lieux de moi ».

−Ah non, désolé Bébé...Mais je ne partirais pas à cent mille lieux de toi, l'interrompit-elle en lui souriait tendrement.

−J'espère bien...

−Franchement tu as une belle voix Bébé, mais bien que belle cette chanson est trop vieillotte. Tu aurais pu me chanter autre chose quand même. Ce n'est pas les belles chansons qui manquent chéri...

Jérémie réfléchissait...

−Hum...C'est vrai tu as raison, fit ce dernier.

Cette chanson commença à retentir et il se mit à la chanter, tout en continuant de marcher :

https://tinyurl.com/yys4ybdf


Que c'est beau. Je suis conquise...

−Ah, parce que tu ne l'étais pas avant ?

Valérie se mit à rire de nouveau

−Et dire que je te prenais pour un mec volage, un queutard libidineux. En fait, t'es quelqu'un de romantique, dit Valérie.

Jérémie se pinça furtivement les lèvres.

−C'est pourquoi tu m'as fait galérer 2 mois avant de me faire grâce de ton premier baiser. C'était il y a déjà 6 mois de cela, en novembre 2018. Mais bon...C'est vrai qu'après tu t'es bien rattrapé depuis !

Valérie rigola encore.

−Ce n'est pas parce que tu vas souvent à la salle de sport te muscler, que j'allais tomber dans tes bras en un claquement de doigt, Jérémie. Je ne suis pas ce genre de meufs...Si j'ai pris mon temps, c'est parce que je voulais être sure, avant de me donner corps et âme...

Avant de te donner corps et flammes, ouais... Coquine va !

Valérie se mit à rire de nouveau.

−Tu vois que le jeu en valait la chandelle...

De ouf...Y'a même plus de bougies sur la chandelle j'crois, tant elles ont été consumées ! Plaisanta Jérémie.

−Tu me fais rire...

−Ah bah tant mieux alors...femme qui rit à moitié dans ton lit !

Il lui fit un clin d'œil...

−Et sinon...Dis-moi !

Il arrêta soudainement sa marche et se mit devant Valérie, et la regarda d'un air faussement sérieux, en fronçant légèrement les sourcils...

−Quoi ? Demanda Valérie en lui esquissant un sourire.

−Tu penses qu'ils vont enfin réussir à se goumer un jour, BOOBA et KAARIS ?

Valérie se mit encore à rire...Leur complicité naturelle était au beau fixe.

−T'es trop bête...

****

Quelques jours plus tard sur la région parisienne, en soirée...

Une jolie femme noire ayant la quarantaine se trouve dans son lit. Elle était coiffée d'un bel afro ébouriffé et portait un pyjama bordeaux. Elle fut captivée par la lecture d'un bouquin dont le titre évocateur était « Femme couguar : Mode d'emploi ». C'était la mère de Valérie et se nommait Catherine...Son smartphone posé sur sa table de chevet à côté du lit, se mit à sonner. Elle interrompit sa lecture, saisit son portable et décrocha. C'était sa fille à l'autre bout du fil, qui l'appelait de chez elle. Elle était seule sans Jérémie et se trouvait aussi sur son lit, sous sa couverture.

−Salut Maman, comment va ? Demanda Valérie.

−Ça va...Et toi ma chérie ?

−Ça va. Je ne te dérange pas j'espère ?

Non du tout...Tu es ma fille...Jérémie n'est pas là avec toi ?

−Ah la la...Toujours aussi curieuse ! Non il vient de partir...

−Ecoute, tu es ma fille et je me soucie de ton bien-être c'est tout chérie. La plupart des garçons sont volages. Fais juste attention c'est tout.

−Oui je sais ça m'man...Ne t'inquiète pas pour ça. Jeremy est un mec bien...Ça fait bientôt 7 mois qu'on est ensemble. Par contre, si moi je t'ai appelé c'est parce que je ME soucie de ton bien-être. Depuis ton divorce avec papa il y 8 mois. Tu devrais maintenant songer à refaire ta vie.

−Oh ne t'inquiète pas pour ça chérie. Je m'y prépare sérieusement, crois-moi ! Rétorqua Catherine en regardant son livre.

−Ah bon ? Comment ça ?

−Ah la la, toujours aussi curieuse...

Valérie se mit à rire à travers le téléphone...

−Peut-être que je vais m'inscrire dans une salle de sport pour commencer. Je ne sais pas encore...Je me tâte. Il serait peut-être temps que je me reprenne en main, si je veux de nouveau rencontrer un homme.

−Tu en rencontreras un maman, j'en suis certaine. Tu es encore bien foutue à ton âge. Tu n'as que 45 ans...Et puis jolie comme t'es, tu pourrais même plaire à des jeunots avides de couguars.

Valérie se mit à rire, tandis que sa mère esquissa légèrement un sourire malicieux, en regardant son livre.

−Oh, tu sais les jeunots ce n'est pas trop mon style chérie, rétorqua cette dernière. Je t'ai déjà assez donné le biberon comme ça, pour pouvoir encore le donner encore à d'autres.

−Mouais...C'est ce qu'on dit !

****

Quelques jours plus tard dans un KFC, à Saint-Denis. Jérémie et Valérie se délectaient de burgers et autres tenders au poulet. Jérémie balaya machinalement le restaurant du regard, en prenant une bouchée de son burger.

−Que des renois mon frère. KFC devrait être sponsorisé par ma communauté, c'est pas possible. Ou le gars qui a créé cette chaîne de fast-food était un bienfaiteur pour les renois.

Valérie se mit à rire.

−Ah bébé, toi-même tu sais. KFC c'est un lieu de pèlerinage obligatoire pour les renois, toi aussi. Dieu Lui-même a créé le poulet, car Il savait qu'il allait créer des renois ouech, plaisanta Valérie.

Ils se mirent tous deux à rire...

−Eh oui mon poulet...

Elle lui fit un clin d'œil.

−J'te jure...Franchement, quand j'y pense il nous fatigue tous ces végans là. Comme si ils allaient réussir à convertir tous les renois de la terre, à manger de la paille et des graines d'oiseau.

−Quand tu vois ce KFC noir de monde, c'est mission impossible. Et puis les animaux eux-mêmes s'entre-tuent pour manger. Mais bon...J'avoue que dans les abattoirs c'est abusé ce qu'il se passe.

−Oui c'est vrai. Cette industrialisation de la mort...C'est vrai que c'est terrible. Mais bon...La mort sert aussi à réguler la vie !

Valérie exprima légèrement un air de compassion ; tandis que Jérémie se mit à regarder machinalement une deuxième fois et de manière furtive, un couple à proximité. Puis il se leva de table avec son plateau en main.

Allez viens on y va, fit Jérémie.

Ils se levèrent de table, vidèrent leurs plateaux respectifs dans la poubelle et quittèrent le KFC Saint-Denis. En sortant, ils prirent la rue de la république qu'ils remontèrent à pied, en direction de la gare RER Saint-Denis.

Sincèrement, y'a des couples on se demande comment ils font pour rester ensemble ; voire même comment ils ont fait pour se mettre ensemble, se questionna Jérémie

−Pourquoi tu dis ça bébé ?

−Tout à l'heure au KFC, y'avait un couple attablé. Sur ma vie on n'aurait pas dit qu'ils étaient ensemble. Ils étaient trop là à se faire la gueule.

−Ben comment t'as su qu'ils étaient ensemble, si ils ne se parlaient pas ? Demanda Valérie.

−Parce qu'un moment j'ai vu qu'ils se parlaient brièvement. Le gars semblait vénèr en parlant à la meuf, qui avait sa tête baissée.

−Ah c'est triste d'en arriver là...

−Certains couples ne communiquent plus, ne se disent plus des je t'aime et ne sont plus complices. Pas étonnant qu'ils en viennent à ne plus se parler et à faire la tête. La flamme s'éteint peu à peu ; et cela jette un froid.

−Oui tu as raison. L'amour est d'abord une amitié affective. C'est une flamme que l'on doit raviver chaque jour. Chaque jour doit être comme le premier ; et chaque instant comme le dernier, dit Valérie.

−Oh, comme c'est bien dit.

−Et D'ailleurs j'en profite pour te dire ce que je ressens pour toi, car pas trop de pudeur peut-être, je pense que je ne te l'ai pas assez dit.

−Yep. Tant que ça vient du cœur, ça me chante.

Valérie lui souriait tendrement.

−Surtout après ce que tu m'as déclaré la dernière fois sur la plage de Deauville, je me sentais honteuse de ne pas pouvoir te dire aussi ce que je ressens pour toi, jusque-là. Ce que tu m'as dit était si beau...

−Je le pensais bébé...Cela venait du cœur.

−...Et m'a touché le cœur. Écoute ça !

La chanson « amoureusement » retentit et Valérie se met à la chanter pour Jérémie :

https://tinyurl.com/y3du74xg

−Wow, c'est magnifique bébé.

Jérémie s'arrêta pour lui faire un baiser.

−C'est vrai, tu le penses vraiment ce que tu viens de me dire ?

−Bien sûr bébé... Ça faisait un moment que je voulais te dire ce que je ressens pour toi.

−Eh ben ça m'a touché, vraiment.

Ils reprirent la marche vers la gare. Au même instant, un vendeur à la sauvette africain se présenta brusquement devant eux, les faisant aussitôt arrêter leur marche.

−Oh, Sois moins brusque quand tu abordes les gens frérot, s'agaça Jérémie.

−Oui. Désolé cousin. Pardon. Je vends des parfums. Ça vous intéresse ? Demanda le vendeur à la sauvette.

Ce dernier en montra quelques-uns.

−Non merci, fit Jérémie.

Ce dernier passa son chemin accompagné de Valérie.

−Je peux vous faire un crédit si vous voulez, plaisanta le vendeur en les voyant partir.

Jérémie se retourna furtivement vers lui l'air perplexe.

− Quoi ! Il est sérieux lui. Purée, j'en peux plus d'ces renois, wallaï ! Dit-il en esquissant un sourire.

Valérie se mit à rire...

****

Le lendemain, en fin d'après-midi.

Jérémie, le corps luisant de sueur, se trouvait dans une salle de sport parisienne, à se modeler le corps comme à l'accoutumée. Après avoir fait au préalable 45 mn de cardio sur le tapis de course, soulevé poids et haltères, il utilisa un dernier instrument pour se muscler le dos : la barre de tirage. Après plusieurs séries de tractions, il s'arrêta enfin pour de bon, le visage en sueurs.

«C'est bon, y'a assez pour aujourd'hui », se dit-il en s'essuyant le visage via la serviette autour de son coup.

Quelques minutes plus tard, il se trouvait sous la douche récupérant de sa séance de torture en se badigeonnant le corps et la tête de son shampoing. Au bout de quelques minutes il en sortit pour se diriger vers le vestiaire et se changer. Quelques instants plus tard, il se trouva dehors sous un ciel éploré. Il bifurqua aussitôt sur la droite en arpentant le trottoir adjacent. Au bout de quelques mètres, une silhouette féminine que l'on vit de dos se rapprocha de lui et s'apprêta à le croiser. Mais celle-ci s'arrêta contre toute attente, à son niveau...Elle portait une jupe, des collants et des talons noirs, sous un imper de couleur tout aussi ténébreux. Sa tête était cachée par le parapluie jaune qui l'a protégeait des gouttes d'eau. Cette dernière sembla demander à Jérémie un renseignement. Elle cherchait un lieu précis à proximité. Jérémie lui indiqua de la main le lieu en question : c'était la salle de sport. Sans qu'on ait vu son visage, cette dernière le remercia et se dirigea là même où Jérémie fut sorti. Ce dernier en profita pour se retourner légèrement et la regarder partir. Il l'a regarda avec concupiscence quelques secondes avant de reprendre son chemin, tout en esquissant un sourire malicieux.

****

10 jours plus tard.

Valérie fut chez elle dans son appartement de la banlieue parisienne. Elle semblait heureuse et comblée. Elle se trémoussait sous les airs entraînants d'un vieux titre RnB français de Tribal Jam, à vaquer à ses tâches ménagères personnelles du jour. Tout en gesticulant et en se déhanchant lascivement au rythme de la musique groove qui émanait du salon, elle s'occupa tour à tour de nettoyer sa petite vaisselle, de mettre deux-trois linges sales dans la machine à laver et de repasser enfin son linge propre. Alors qu'elle s'affairait à lisser les plis rebels de ses vêtements, le téléphone fixe situé au salon sonna. Elle arrêta momentanément son repassage, baissa le volume de la chaîne a l'aide d'une télécommande et décrocha. C'était sa mère Catherine, à l'autre bout du fil.

−Coucou c'est moi, fit cette dernière.

−Salut m'man.

−Comment vas-tu ma belle ? T'es toute seule la ?

−Oui. Jérémie doit passer tout à l'heure. Pourquoi ?

−Ah bah, c'est bien qu'il ne soit pas encore là alors.

−Ben, pourquoi tu dis ça m'man ?

−Parce que j'ai fait comme un rêve bizarre, la nuit dernière sur lui.

−Euh...Oui et alors ?

−Dans ce rêve, j'ai vu un homme qui te trompait. Et qui te fera pleurer par la suite.

−Maman, comme tu as dit ce n'est qu'un rêve. Et en plus tu ne l'as jamais vu encore. Je ne t'ai que brièvement parlé de lui. Comment peux-tu dire qu'il s'agit de mon mec ?

−Par intuition féminine chérie. En plus, tu sais très bien que des fois je fais pas mal de rêves prémonitoires.

−Oui, comme tu dis « des fois »...Ce qui n'est pas toujours le cas. Enfin bref. Bon, on en reparlera demain après-midi au parc, si tu veux.

−Okay. Comme tu veux. C'est toi qui vois. En tout cas, je t'aurai prévenu chérie.

−Oui, oui. Si tu le dis...Bon, à demain maman. Bisous. Bye !

−À demain. Bisous.

Effarée par ce qu'elle venait d'entendre, Valérie raccrocha puis secoua sa tête.

−Tchiiiiip...Maman...Toi aussi !

Quelques heures plus tard, dans la soirée. La sonnerie retentit chez Valérie. C'était Jérémie.

Valérie lui ouvrit la porte...En nuisette de satin bordeaux !

−Bonsoir princesse.

− Salut toi, dit-elle l'air sensuel.

Jérémie entra en refermant la porte aussitôt.

−Hum...Y'a pas à dire. Tu sais recevoir les gens toi. Tu as le don de tout de suite les mettre à l'aise, dit-il en souriant.

−Oui je sais. Ça doit être inné.

Valérie tenta de lui faire un baiser, mais Jérémie détourna sa tête pour l'éviter, contre toute attente. L'expression de son visage s'était soudainement rembrunit.

−Mais...Qu'est...Qu'est-ce qu'il y a bébé ? Je ne t'attire plus ?

Jérémie baissa furtivement sa tête.

−Il faut qu'on parle. J'ai un truc à te dire.

Valérie eut un mauvais sentiment et semblait être saisie de stupeur.

****

Le lendemain.

Comme convenu Catherine et Valérie s'étaient retrouvées au parc de La Courneuve dans l'après-midi. Rendez-vous complice mère-fille qu'elles faisaient de temps en temps, lorsqu'elles en avaient le temps.

−Jérémie m'a avoué hier qu'il m'a trompé avec une autre femme, révéla Valérie à sa mère.

−Ah bon sang, Je le savais.

−Mais bon, au moins il me l'a avoué. Ce qui est une forme de courage et d'honnêteté.

Peut-être mais ne te laisses pas endormir ma chérie. Franchement, je suis désolé pour ce qu'il t'arrive mais je sentais en moi-même que quelque chose n'allait pas ; et je me devais de te le dire. Je t'avais dit de l'oublier...Comme quoi mon intuition ne m'avait pas fait défaut.

−Oui je sais m'man. Je sais...Enfin bon...

−Tu sais, les gens ne sont pas toujours ce que l'on croit Valérie. Bien qu'ils cachent bien leur jeu, certains n'ont...aucun principe, aucune morale.

−Tiens, c'est bizarre ...

−De quoi ? Qu'est-ce qu'est bizarre ? Demanda sa mère, perplexe.

−Chaque fois que tu m'appelles par mon prénom, c'est que t'es souvent contrarié ou agacé, voire énervé. D'habitude j'ai droit à des « ma chérie...Mon bébé...Ma puce ».

Catherine se pinça furtivement les lèvres.

−Non pas vraiment.

−Si je trouve.

Valérie esquissa un sourire.

−Quelque chose ne va pas m'man ?

−C'est plutôt moi qui devrait te demander ça ma chérie.

−Ah tu vois !? Là tu as utilisé le mot « ma chérie » ...Bref...En tout cas, pour Jérémie ce n'est pas grave, on va dire que c'était juste une mauvaise passe. On s'est bien expliqué hier, entre personnes adultes et responsables. Et...On...enfin...J'ai envie de lui pardonner et de repartir sur de bonnes bases avec lui. On va rester en contact !

−Par...Pardon ?!!

La musique retentit et Valérie se mit à la chanter :

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Dès qu'elle eut fini de donner de la voix, Catherine secoua sa tête en soupirant.

−Écoute Valérie, je comprends que tu veuilles lui pardonner et aller de l'avant avec lui, mais crois-moi tu devrais en rester là. Tu vois bien que ce n'est pas un mec bien. Le naturel reviendra toujours au galop. Qui vole un œuf vole une meuf.

−S'il m'a avoué qu'il m'a trompé, c'est qu'il est sincère. S'il est sincère c'est qu'il regrette. Et s'il regrette c'est qu'il veut continuer avec moi, malgré sa faute.

−Mais tu es naïve ou quoi ?...Et s'il te mentait ?

−Comment ça ?

−Et s'il était encore avec celle avec qui il t'a trompé ! Les hommes volages sont très malins tu sais.

−C'est impossible. Il me l'a assuré et je le crois. Et puis restons en la maintenant maman s'il te plaît.

−Bon très bien...Comme tu veux !

−Puis au lieu de t'occuper de ma vie de couple, essaie déjà d'en avoir une de ton côté. Sans vouloir te manquer d'respect m'man.

−Oh, ne t'inquiète pas pour ça va... Crois-moi !

−Si tu le dis m'man...Si tu le dis !

****

Jeudi dans l'après-midi.

Catherine, la mère de Valérie fut chez elle en train de pédaler sur son vélo d'appartement, sous les airs lancinants de la chanson « Mes rêves » de Wallen. Musique diffusée via son smartphone connectée à sa chaîne hi-fi. Soudain, son téléphone fixe sonna. Elle descendit de l'appareil en s'épongeant brièvement le visage de sa serviette, tout en baissant le volume du smartphone. Puis elle décrocha enfin son téléphone pour parler à son interlocuteur.

Allo ? Salut toi ! Oui comme convenu t'inquiète. Non je n'ai pas encore prévenu Valérie. Dès que je raccroche, je l'appelle aussitôt. Oh oui, je pense qu'on va passer du bon temps toi et moi. En tout cas, j'ai trop hâte. À demain soir. Bisous !

Elle raccrocha le téléphone et un sourire s'accrocha à son visage. Elle appela ensuite sa fille qui fut chez elle.

−Salut ma puce, comment vas-tu ?

−Ça va et toi m'man ?

−Oh ça ne peut qu'aller. C'était juste pour te dire que je ne serai pas là ce weekend. Je pars demain avec une amie dans le sud de la France. Donc si tu tentes de me contacter, ne sois pas étonné si je ne te réponds pas chérie.

−Aah ah...C'est une amie ou « un » ami ? Allez, tu peux tout me dire m'man ? Pas de ça entre nous.

Catherine se mit à rire, à travers le téléphone.

−Arrêtes de t'imaginer plein de choses, toi aussi, fit cette dernière. Si c'était un homme je te l'aurais dit.

−Prends-moi pour une idiote.

−Non je te prends juste pour ma fille. D'façon, je pense que ça t'aurait « vexé » si je t'avais dit avec quel genre de type d'homme j'aurais été.

Valérie semblait surprise.

−Euh...non ! Tant qu'il te rend heureuse et n'est pas violent avec toi, cela aurait été pour moi le meilleur des types d'homme. Peu importe qui il est...

Catherine pinça ses lèvres.

−Merci c'est gentil ma puce...Tu es adorable. Et toi, tu comptes faire quoi ce weekend ? Tu comptes voir encore ton fichu Jérémie ?

−Oh ça va, arrête...Je ne sais pas encore. Ça fait 3 jours que je n'ai pas de nouvelles de lui.

−Peut-être qu'il est avec une autre femme encore une fois. Sans trop vouloir te vexer chérie.

−Nan je ne crois pas. Comme on est jeudi, je pense qu'il va m'appeler au mieux tout à l'heure ou au pire demain matin, pour qu'on puisse se capter ce weekend.

−En tout cas, si tu ne le vois pas, moi je sais que de mon côté je vais m'éclater.

−Tant mieux pour toi m'man.

−Merci. Bon je te laisse. Je dois préparer mes affaires pour demain. Je t'appellerais lundi soir.

−Ça marche.

−Bisous. Bye !

−Bisous.

****

Samedi matin. 7h30. Un réveil posé sur un meuble se mit à sonner. Aussitôt, un bras d'ébène vindicateur surgit pour le réduire au silence. Ce fut celui de Valérie, qui fut dans sa chambre. Encore toute alanguie, elle revint de sa torpeur onirique nocturne. Puis, pensive, elle se mit en position assis sur son lit et réalisa au fond d'elle-même, que quelque chose n'allait pas. C'était Jérémie. Elle ne comprenait plus son silence et n'arrivait plus à l'interpréter à bon escient, sans paranoïa excessive. Elle ne trouvait plus d'excuses valables et en avait marre de jouer la meuf qui ne courait pas après lui constamment.

« Et dire qu'à la même heure, y'a quelques semaines de cela, j'étais avec lui à me balader sur la plage de Deauville. J'vais lui envoyer un SMS en espérant qu'il ne dorme pas », songea-t-elle en faisant légèrement la moue.

Elle prit son smartphone posé près du réveil et lui envoya un message, qui en filigrane transpirait une légère inquiétude, comme un SOS déguisé.

(SMS Valérie) : « Salut bébé, je n'ai pas de nouvelles de toi depuis 5 jours. D'habitude, tu es plus bavard que ça. Je ne comprends pas. Tu me manques déjà. Aujourd'hui on est samedi matin. On se capte ce weekend ou bien ? J'ai trop envie de te voir. ».

Au même moment sur la plage de Deauville, deux points noirs minuscules esseulés se meuvent au loin sur le sable. Progressivement elles deviennent des formes, puis des silhouettes. C'est un couple noir se tenant par la main. L'homme connaît très bien cette plage : c'est Jérémie. Mais il n'est pas seul. Une belle femme noire l'accompagne. Elle est plus âgée que lui et à la quarantaine. Ce fut Catherine, la mère de Valérie. Ils s'étaient rencontrés y'a quelques semaines sur Paris et partageaient la même salle de sport, depuis ce fameux jour ou cette dernière, un jour de pluie, lui avait demandé où elle se trouvait. C'était cette mystérieuse femme au parapluie, qui visiblement n'avait pas laissé Jérémie indifférent. Chose qui s'avéra par la suite...

A la vue du SMS qu'il venait de recevoir de Valérie, Jérémie soupira, avant d'esquisser un sourire malicieux.

−C'est ta fille. Je dis quoi ? Demanda Jérémie.

−Dis-lui que tu es en famille, rétorqua Catherine narquoisement en esquissant un sourire malicieux.

Jérémie se mit à sourire également.

−Okay, dit-il en lui répondant par SMS, pour ensuite éteindre son portable. Pourtant j'ai quand même été franche avec elle en lui avouant que je l'ai trompé. Espérant qu'elle puisse me laisser tomber. Mais rien n'y a fait. Désolé chérie !

−C'est bien ma fille ça. C'est une éternelle rêveuse et romantique. Enfin bon ! On aura fait ce qu'on a pu, pour qu'elle puisse te quitter et qu'on vive pleinement notre relation. Et tant pis pour elle si elle s'accroche toujours...Chuis pas jalouse d'façon, avoua Catherine par un sourire.

−En tout cas, sur ce coup je n'aurai été salaud qu'à moitié, en lui révélant que je l'ai trompé. Mais je ne pensais pas qu'elle s'accrocherait, la pauvre. Et oui, tant pis (ou tant mieux) pour elle si elle ne veut pas lâcher l'affaire... Au final, j'aurai fait une pierre...Deux coups !

Catherine se mit à rire, tandis que Jérémie souriait de l'effet réussi de sa blague allusive. Ils continuèrent leur promenade matinale sur la plage, jusqu'à devenir progressivement deux formes, puis deux silhouettes, et enfin deux points noirs qui s'éloignèrent au loin.

Depuis la nuit des temps, sans en avoir l'air, ça a toujours été...le même refrain !

FIN

12 Mai 2022 15:20:04 0 Rapport Incorporer Suivre l’histoire
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La fin

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